FerroPem : plongée dans un cœur battant du territoire

FerroPem : plongée dans un cœur battant du territoire

  • 11/MN/2022
  • Vie économique, Énergies - nucléaire
  • Laudun-l'Ardoise
A l'Ardoise, une usine résiste encore et toujours à la fermeture, et produit depuis des décennies des matériaux de qualité

A Laudun-l’Ardoise est installée la résiliente usine FerroPem.


Tel n’a pas toujours été son nom, car elle est passée entre les mains de différents groupes depuis sa fondation par Keller & Leleux, en 1958 , il y a soixante-quatre ans


Spécialisée dans la production de ferro-silicium et de silicium, FerroPem dépend aujourd’hui du groupe international FerroGlobe dont le siège social se trouve à Madrid, et son chiffre d'affaire se réalise par 90 à 95% d’exports.. Le plus gros client de l’usine est le groupe Arcelormittal, spécialisé dans la sidérurgie. Le silicium étant l’un des éléments constituant l’aluminium, 11% de la production de FerroPem sont destinés à l’industrie automobile. Le silicium, la ressource la plus abondamment présente dans la croûte terrestre, est aussi la base du silicone, dont les industries chimiques et cosmétiques ont besoin. La production mondiale de silicone s’élève à 4 millions de tonnes par an, dont la moitié produite et consommée par la Chine!


L’usine de 190 employés se distingue par une spécialité : la production d’un ferro-silicium de grande pureté, destiné aux plus ambitieux usages du domaine de l’ électrométallurgie


Ayant risqué de près la fermeture en 2019, FerroPem, l’un des 30 premiers employeurs du Gard, a cependant survécu et pu réactiver l’un de ses trois fours. Ces derniers nécessitent le contrôle de 13 ouvriers 24h/24, dont les roulements s’effectuent au 5/8ème.


Bénéficiant d’un port à l’Ardoise, l’usine peut se faire livrer les matières premières comme le bois, la houille et le quartz via le Rhône. Cependant la première ressource dont l’usine a besoin pour fonctionner est l’électricité, et en quantité gargantuesque ! Les fours sont en effet des fours électriques, et consomment par an l’équivalent de la consommation annuelle en énergie d’Avignon ! 

Le silicium de FerroPem permet de concevoir des panneaux photovoltaïques, et c’est dans les coulisses de leur conception que l’on apprend que l’énergie solaire ne saurait faire fonctionner l’usine : 


Le principal enjeu de FerroPem est de s’assurer un apport constant et suffisant d’énergie à prix abordables. Or, la planification semble assez difficile lorsque les prix eux-mêmes fluctuent et que les multiples acteurs qui conditionnent l’accès à l’énergie n’assurent pas de la régularité de leurs services


Le deuxième enjeu est de soigner l’image de l’industrie malgré l’impact qu’elle pourrait avoir sur l’environnement: ses fours produisent inévitablement d’énormes quantités de dioxyde de carbone et pour une production de 60 000 tonnes de produit fini par an, l’usine estime ses émissions à 250 000 tonnes de CO2 par an.



Un dernier enjeu, et de taille, auquel FerroPem fait face, est celui du recrutement. Malgré des salaires confortables et des emplois ne nécessitant pas de qualifications particulières, l’usine ne trouve plus la main d'œuvre dont elle a besoin, particulièrement pour la maintenance constante de ses outils de production.


Merci au Directeur du site pour son accueil et cette visite passionnante (j'aurais aimé publier des photos de la visite - en EPI - mais je me dois de respecter le protocole de communication et de droit à l'image chez Ferropem)